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Kenavo : « Fêter nos 20 ans à Pleurs va être énorme »

KenavoMardi soir est souvent un jour important pour les Kenavo. C’est jour de répète. À Pleurs (Marne), chez Thierry, au fond du sous-sol, c’est le QG, et cela ressemble à une petite pièce carrée avec des boîtes d’oeuf collées au plafond. Sur le mur de gauche, il y a des affiches de concerts. Des guitares sont accrochées sur le mur de droite. La batterie de Ludo occupe une bonne partie de l’espace, mais tout le monde à sa petite place. Nous sommes en février, il pèle dehors et on a décidé d’aller jauger la température des Kenavo.

Les Kenav’, nous les avons vus grandir. Ou peut-être que c’est l’inverse en faite… Il y a 20 ans, quand ils se sont lancés dans la musique, nous, on jouait encore au ballon dans la cours de récréation. Eux, ils occupaient les bancs de l’église de Pleurs, en grattant une guitare. Il y a 20 ans, ils n’auraient jamais pensé qu’un jour, ils allaient jouer au festival Interceltique de Lorient, ou partager la scène 2015 de Rock’en à Pleurs avec les Ramoneurs de Menhirs. Allez, on vous raconte tout ça…

Entretien exclusif avec deux piliers du groupe Kenavo : Thierry Planson et son franc-parler, et Sébastien Carré, l’homme au mille instruments. (Article sensible, jeune public s’abstenir…)

Rock’en Pleurs : Nous sommes à quelques mois de l’événement, la pression monte-t-elle ?

Thierry : On se prépare, on n’a pas la pression. Mais il faut jouer assez souvent. On répète tous les 15 jours, et il ne faut pas sauter une répétition. Et comme on ne fait pas beaucoup de concerts durant cette période de l’année, on joue comme des tasses ! (Rires)

Vous soufflez vos 20 bougies cette année, comment tout a commencé ?

Sébastien : Kenavo a évolué au fil des années. Au tout début, bien avant que le groupe existe, avec Damien Dussolier, je faisais des chansons, on jouait tous les deux dans notre coin… Et puis, un jour, on jouait sur un banc de l’église de Pleurs, Thierry, que Damien connaissait, est passé en voiture et s’est arrêté. Il a ouvert le coffre, pris sa gratte et il a joué avec nous. C’est parti simplement comme ça. On a essayé de faire une paire de chansons, et puis j’ai acheté une bombarde, et voilà… Lors de notre tout premier concert, il y avait Thierry, Damien, Loïc Campistron et moi. Par la suite, Damien a préféré rester dans l’ombre, écrire les textes. Il est devenu notre parolier. Il est aujourd’hui à l’origine de la grande majorité de nos chansons. Et Thierry a écrit quelques chants aussi.

Sur Rock’en Pleurs, le public verra une ancienne configuration de Kenavo. Expliquez-nous ?

Sebastien Kenavi

Sébastien Carré

Sébastien : Oui d’une certaine manière. Cela sera un joli clin d’œil au passé. Il faut comprendre que Kenavo a été composé de différents musiciens, suivant les époques. Au tout début, avec Thierry et Damien, on s’est dit qu’il nous fallait un couple basse batterie. Ludovic Longuet à la batterie était disponible. Pascal Tison à la basse est aussi arrivé. C’est à ce moment là que Damien a arrêté. Loïc, lui, est resté. Durant le service militaire de Ludo, on a trouvé un autre batteur qui est venu avec sa copine, Heliane Hubert de Sézanne, qui nous a accompagné un moment. Ce fut d’ailleurs la seule fille des Kenavo. Et puis, les années passent : Loïc a arrêté et Yves Raoul l’a remplacé. Puis Pascal a arrêté et David Walter est arrivé. Et enfin, Yves a arrêté et nous avons joué un peu avec Yoni Arajon, et désormais avec Thomas Jakob.

Au final, cette année, pour Rock’en Pleurs, David ne pouvait pas se libérer, donc Pascal revient ! De son côté, Yves, qui voulait revenir ponctuellement jouer avec nous s’est dit : « Rock’en Pleurs en 2015, ouai j’arrive ! » Et voilà comment on revient quelques années en arrière. Nous serons donc composés de Thierry, Ludo, Yves, Pascal, Tom et moi. Nous allons jouer du rock celte, essentiellement nos dernières compositions et vraisemblablement, deux reprises….

Le nom Kenavo, c’est venu comment ?

Sébastien : Alors, au début, on s’appelait Kreiz er mor, qui veut dire « au milieu de la mer » en breton.

Thierry : C’est le nom d’un ancien bateau qui reliait Lorient à Groix.

Sébastien : On aimait bien la musique bretonne. Avec ma bombarde, on reprenait du Soldat Louis, du Tri Yann… On a voulu se lancer dans cet esprit dès le début. Kreiz er mor est venu comme ça car avec Damien on allait souvent à Groix. Sauf que Thierry ne se rappelait jamais du nom Kreiz er mor ! (Rire) Donc on s’est dit qu’il fallait faire plus simple. Lors de notre premier concert à Pleurs, l’organisateur nous a demandé notre nom de scène. Forcément, Thierry ne se rappelait pas et a demandé à son beau-père à côté de lui : « Tu connais un nom breton toi ? » Son beau-père le regarde et dit : « Hmm… Kenavo ! » Et là, Thierry se retourne vers l’organisateur et balance : « Bon, on s’appelle Kenavo ! ». Depuis on s’appelle Kenavo. C’est un « Au revoir » amical en breton.

Thierry Kenavo2

Thierry Planson

Depuis, vous n’avez jamais dit « adieu » à votre public. Avez-vous un jour eu l’envie de tout arrêter ?

Sébastien : Il y a eu des hauts et des bas. Les périodes de creux, c’est normal. On a failli arrêter plusieurs fois. Il y a eu les changements de musiciens, les vies de familles, nos activités professionnelles respectives… Mais tous, au moment où tu commences à te poser la question, tu te dis : « Non, non, je ne laisse pas tomber comme ça, ce n’est pas possible. » On s’est toujours fait plaisir. On est de bonne humeur sur scène et très tôt cet état d’esprit a plu au public. Nous prenons énormément de plaisir à jouer ensemble. Notre philosophie actuelle nous comble pleinement.

Vous avez sorti un premier album en 2010, intitulé « Juste pour voir ». Un deuxième est-il en projet ?

Sébastien : Ça nous trotte pas mal dans la tête oui. C’est en projet mais on ne peut pas donner de date pour le moment. L’enregistrement du premier album nous a pris beaucoup de temps. On travaillait le dimanche, la gestion technique était compliquée. Pour le deuxième, nous souhaitons faire différemment, avec une semaine complète de studio. Mais ce n’est pas évident, il faut organiser les vacances de tout le monde. Les chansons sont prêtes. On les joue sur nos concerts. À Rock’en Pleurs, on va jouer quelques chansons du premier album, mais les nouvelles domineront. Des chansons plus abouties.

Depuis 2012, vous jouez tous les ans au festival Interceltique de Lorient (Morbihan). Comment des marnais ont réussi à s’incruster chez les bretons ?

Kenavo citation1Sébastien : Tout a commencé une année où j’y étais comme visiteur. Dans un bar qui m’a bien plu, j’ai laissé un CD, au culot. L’année d’après, ils ne nous ont pas retenus… Mais au tout dernier moment, à deux semaines du festival, il y a un groupe qui s’est désisté. Le bar m’appelle et nous propose de venir. Notre décision a été prise en 5 minutes. Et c’est parti comme ça. Le plus dur au festival de Lorient, c’est d’y rentrer, de réussir à convaincre un bar, une taverne, d’avoir une date. Une fois que tu y as joué une première fois, c’est beaucoup plus facile de se placer les années suivantes. Sans ça, c’est quasi impossible pour un groupe amateur. Lorient est devenu le point d’orgue de notre année. C’est le plus loin où nous voulons jouer. C’est le plus gros festival celtique du Monde. Donc pour un groupe celtique, y être, c’est énorme. Et pour nous, c’est une semaine de vacances ensemble où l’on s’éclate.

Racontez-nous une anecdote, un truc délirant à propos des Kenavo ?

Thierry : Il y a cette nana qui nous a montré ses nichons…

Sébastien : Ah ouai ! Il faut savoir que lors de nos concerts, nos transitions sont toujours épiques, c’est un peu gaulois. Et un jour, on chante notre chanson qui s’appelle « J’résisterai », avec des paroles comme  « …Parce que dans la vie faut résister… ». À la transition, une pinte de Guiness à la main, j’ai dit une connerie du genre : « Nous, il y a deux ou trois trucs où on a un peu de mal à résister… » Et juste après, Thierry lance : « Ouai, on n’arrive pas à résister à une bonne grosse paire de miches ». Et là, tu as une nana devant nous qui lève son maillot… (Rire)

Justement, les femmes, ça marche mieux quand on est musicien ?

Sébastien : Ouai bah t’as vu nos tronches ! (Rire). On est tous mariés et fidèles. Mais cela me rappelle une autre anecdote. Une année à Lorient, il y a un de nous, mais je ne le citerai pas, qui s’est fait enfermer dans les toilettes par deux nymphomanes. Mais vraiment. Le gars, il a été pissé, elles l’ont suivit et poussé dans les toilettes. Une a fermé à clé et s’est mise devant la porte en disant : « Maintenant si tu veux sortir, faut me b***** ! » (Rire). Bon, il est ressorti quand même sans la toucher…


Capture d’écran 2015-03-15 à 21.27.32D’ailleurs, vous êtes en kilt lors de vos concerts. Vous portez des sous-vêtements ?

Thierry : Ca dépend combien de bières on a bu avant !

Sébastien : Ouai, ça dépend déjà de notre taux d’alcool. Plus il y a en a dans le sang, moins il y a de slip… (Rire). Plus sérieusement, cela dépend surtout de où on joue. Sur une scène par exemple, on est toujours à poil. Par contre, quand on joue dans un bar au milieu du public, c’est compliqué. Je pense à un pub à Epernay par exemple, on a le public sur les pieds. Et là, tu vas toujours tomber sur une nana qui fait : « Hey, il y a quoi sous le kilt… » Et qui soulève la jupe…

Thierry : Certaines vont même tâter des fois !

Sébastien : Vous avez une belle scène à Pleurs, à mon avis on sera surement à poil !

Pour finir, un petit sentiment pour l’édition 2015 de Rock’en Pleurs ?

Kenavo citation3Sébastien : On est à fond. L’idée est vraiment de s’éclater. À Pleurs, on joue à la maison. Il y a 20 ans, tout est parti du village… Et puis, jouer sur scène avant Les Ramoneurs de Menhirs, une grosse tête d’affiche, ça motive énormément. Et à côté, Pol Mac Deon et Seagulls are Drunk sont aussi deux groupes top-niveau. On est très content de jouer avec tout le monde. On espère que le public se déplacera pour cette grande fête…

 

 Propos recueillis le 3 février 2015.

Rendez-vous le 23 mai 2015 pour Rock’en Pleurs.

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